Le grand bombyle

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Nom latin : Bombylius major

Tout le monde le prend pour un bourdon… mais c'est une mouche.

Avec son corps rond densément couvert de poils beiges à dorés et ses ailes tachetées déployées en permanence, le grand bombyle est souvent pris pour une abeille ou un bourdon miniature. Cette ressemblance n'est pas anodine : elle constitue une forme de mimétisme qui le protège de certains prédateurs. Pourtant, Bombylius major appartient à l'ordre des Diptères. C'est bel et bien une mouche, dotée d'une seule paire d'ailes fonctionnelles. Son trait le plus spectaculaire reste sa longue trompe rigide et pointue, projetée vers l'avant telle une lance. Contrairement aux apparences, cet appendice n'est pas urticant : il lui sert uniquement à sonder les fleurs pour y puiser le nectar sans se poser.


Le grand bombyle est un virtuose du vol. Il se maintient en suspension parfaite devant les fleurs, tout en vibrant des ailes à une fréquence audible, produisant un bourdonnement caractéristique. Cette capacité de vol stationnaire (hovering), partagée avec les sphinx ou les colibris, lui permet de butiner avec une précision remarquable sans jamais toucher la corolle. Ses pattes, longues et fines, restent pendantes lorsqu'il vole, renforçant encore l'impression d'un être suspendu dans l'air.


La stratégie reproductive du grand bombyle est pour le moins surprenante. La femelle repère les terriers de solitaires d'abeilles sauvages du genre Andrena notamment et projette ses œufs en vol à l'entrée des galeries, en les enrobant préalablement de sable pour les alourdir. Les larves qui en éclosent sont d'abord très mobiles (planidium) ; elles pénètrent dans le nid, localisent les larves de l'hôte et s'en nourrissent en tant que parasitoïdes. Le grand bombyle est ainsi à la fois pollinisateur adulte et parasite larvaire.

 
L'espèce est visible de mars à mai, avec un pic en avril, c'est l'une des premières grandes mouches à apparaître au printemps. Actif pollinisateur du début du printemps, le grand bombyle joue donc un rôle important à une période où peu d'insectes sont encore en vol. Il assure la pollinisation de floraisons précoces. Sa dépendance vis-à-vis des abeilles sauvages solitaires en fait également un indicateur indirect de la santé des populations d'Andrena et de la qualité des habitats qui leur sont favorables. Elle affectionne les milieux ensoleillés comme les dunes. Bombylius major est présent dans toute l'Europe, jusqu'en Asie centrale et en Afrique du Nord.


Le nom “bombyle” vient du grec bombylos, qui désigne le bourdonnement, une étymologie qui colle parfaitement.