La collète des sablières
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Grandes espèces (de 13 à 17 mm) la collète est couvert d'une toison abondante brun-roux sur le dessus du thorax, blanc ou crème ailleurs. La face des mâles est aussi velue.
Les mâles apparaissent les premiers, dès février dans le sud de l’aire de répartition et dès mars ailleurs. L’accouplement a lieu dès l’émergence de la femelle. À partir de mars, on peut observer cette espèce dans les dunes, où elle creuse le sable pour former des galeries pouvant atteindre 50 cm de profondeur. Les parois sont enduites d’une sécrétion translucide et imperméable, qui maintient un taux d’hygrométrie favorable à l’intérieur du nid.
Le creusement se fait par à-coups et en marche arrière : l’animal progresse la tête tournée vers l’entrée de la galerie, et le matériel excavé est évacué vers l’extérieur à l’aide des pattes antérieures, le long du tracé déjà creusé.
Le nid présente une organisation relativement stable, composée de trois éléments principaux :
Tronçon primaire : une galerie inclinée, plongeant dans le sol selon un angle moyen de 100° par rapport à l’horizontale, constant quel que soit le relief ;
Tronçon secondaire : une section quasi verticale et allongée, reliant le tronçon primaire à la cellule terminale ;
Cellule terminale : orienté horizontalement et perpendiculairement à la galerie principale.
cunicularius : terme latin dérivé du grec signifiant « terrier »; Un cunicularium était un établissement d'élevage dédié à l'élevage de lapins.
C’est la seule espèce du genre Colletes à voler en mars-avril. Les femelles récoltent du pollen et du nectar sur les diverses espèces de saules, ensuite des autres plantes comme les bouleaux, aubépines, prunelliers, ajonc d’Europe, les arbres fruitiers…).
Les mâles ne butinent pas, ils sont dépourvus de brosses à pollen, mais néanmoins sont des pollinisateurs exclusifs d'orchidées du genre Ophrys, qui agissent comme leurre sexuel. Les insectes sont attirés par un ensemble de composés chimiques proches des phéromones sexuelles émises par la femelle, et se livrent alors à une pseudocopulation qui permet la pollinisation des fleurs.
Les collètes ont longtemps été considérées comme des espèces primitives, mais les études génétiques récentes les placent désormais parmi les abeilles les plus récentes dans l’arbre évolutif des abeilles.
Cette espèce est présente dans toute la France, en particulier dans les vallées fluviales et dans les zones littorales. Elle affectionne les sites qui lui offrent à la fois le gîte (zone sablonneuse) et le couvert avec principalement les saules.
Elle est inscrite sur la liste rouge européenne des espèces menacées.
Autres colletes présents sur la Réserve naturelle :
Colletes halophilus
Colletes hederae










