La réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc

L’historique
L’historique

Si le fond de la baie de Saint-Brieuc est aujourd’hui connu pour ses richesses naturelles, sa flore et sa faune exceptionnelles, le site est aussi un paysage façonné et transformé à travers les âges par l’homme. L’installation de l’Homme en baie de Saint-Brieuc est très ancienne puisque des vestiges d’époque préhistorique ont été retrouvés dans les sédiments. Les riverains ont utilisé ce vaste estran.

LES ACTIVITES TRADITIONNELLES ANCIENNES

L’exploitation du limon et utilisation comme amendement agricole Le limon et la tangue associés aux argiles de Carnonen ou Pommeret ont fourni les matières premières d’une briqueterie installée au nord des grèves de Langueux, sous l’impulsion du châtelain de Saint-Ilan. La production, vers 1870, s’élevait à 30 tonnes par jour. Cette activité a périclité à partir de la seconde guerre mondiale et s’est arrêtée dans les années 50.

Les salines

Sur les côtes nord de la Bretagne, la récolte du sel fut exploitée dès l’époque du Bronze (900 an avant J.C.). Les premières allusions à l’industrie du sel dans la baie de Saint-Brieuc datent du XIe siècle. En 1084, Geoffroy, comte de Penthièvre possédait des salines dans le fond de l’anse d’Yffiniac, qu’il concéda aux moines du Prieuré de Saint-Martin de Lamballe (Clément, 1989).

Du fait du caractère saisonnier de l’industrie du sel, les sauniers se devaient, afin de vivre décemment, de pratiquer une autre activité : cette activité était principalement l’apiculture. Aussi à proximité des grèves, y avait-il des "champagnes", bien exposés et améliorés grâce aux engrais et amendements marins, comme l’atteste des textes dès le XVIIIe siècle. En complément aux cultures, l’élevage se pratiquait : bovins, ovins, oies et porcs pâturaient sur les herbes.

Toutefois, l’industrie du sel a diminué progressivement pour disparaître vers 1830. Les surfaces ainsi délaissées, sont vouées dès lors au maraîchage.

L’extraction de la marne

La Bretagne est une région pauvre en ressources calcaires. L’exploitation des marnes à des fins agricoles s’y est développée dès le XIIe siècle et s’est poursuivit jusqu’en dans les années 2000.

LES ACTIVITES TRADITIONNELLES ACTUELLES

Pêche aux coques

Le gisement de coques est soumis à une pêche traditionnelle qui s’exerce depuis plusieurs décennies. Lambert évalue, dans les années trente, à près de 3 tonnes la quantité de coques récoltées par jour de pêche et qui, au départ de Saint-Brieuc, étaient expédiées en différents points de France ainsi qu’en Angleterre. Déjà les problèmes de salubrité étaient très prononcés dans la baie, entraînant des interdictions de pêche et le classement de l’anse de Yffiniac (au sud d’une ligne pointe des Guettes/pointe du Roselier) en zone insalubre. Cette activité est aujourd’hui réglementée (jours, heures, lieux de pêche) et contrôlée. La période de pêche s’étend habituellement de la mi-octobre à la fin avril.

Pêche des poissons plats

Autrefois, les habitants de Saint-Guimond et de Lermot, entre autres, vivaient de leurs petites exploitations et de la vente des produits de la mer. La pêche à pied a utilisé plusieurs techniques qui se sont succédées dans le temps : la pêche au haveneau qui se pratiquait dans les filières par les femmes ou la pose de filet.

Actuellement, la technique pratiquée par les derniers pêcheurs est la pose de ligne de fond. Sur un fil d’une centaine de mètres posé sur le sable sont disposés de nombreux hameçons. A marée basse les appâts sont placés ; la collecte s’effectue à la marée basse suivante. Ainsi on peut pêcher des mulets, bars et surtout des poissons plats (plies, soles…).

La mytiliculture

L’activité mytilicole en Baie de Saint-Brieuc s’est développée dans les années soixante lorsque le bassin pionnier de la baie de l’Aiguillon est devenu saturé, et que les mytiliculteurs charentais ont recherché de nouveaux sites. Ils se sont alors intéressés aux larges estrans qu’offre la Bretagne nord, permettant une exploitation à basse mer.

Après quelques essais en 1960, la mytiliculture se développe dans la baie en 1964, par l’octroi de 68 km de bouchots dans l’anse de Morieux à des mytiliculteurs charentais et à quelques pêcheurs et agriculteurs (portée à 81.9 km en 1971). Elle est actuellement de 93,5km. Les concessions couvrent environ 320 ha (48 concessions).

La baie de Morieux est le deuxième bassin mytilicole de Bretagne nord et le quatrième au niveau national, avec une production annuelle de l’ordre de 4000 tonnes (10 % de la production française de moules d’élevage).

L’anse de Morieux offre la particularité d’exploiter la moule de bouchot (Mytilus edulis) et la moule sauvage (Mytilus galloprovincialis). De mai à août, les mytiliculteurs fixent en spirale sur les pieux, des cordages ou filets de naissains contenant des petites moules Mytilus edulis provenant de la côte atlantique entre Noirmoutier et Arcachon. Une autre espèce de moule Mytilus galloprovincialis dite "sauvage" se fixe naturellement sur les bouchots. Elles resteront en mer entre 12 et 18 mois. Ensuite ces moules dites "de bouchots" pourront être commercialisées.

Pâturage

Le système d’exploitation agricole a été, jusqu’à la fin de la dernière guerre, basé sur la polyculture/élevage. Toutes les terres riches et facilement travaillables étaient réservées aux cultures. L’élevage se cantonnait à quelques oies et moutons, un ou deux porcs et une ou deux vaches. Les bêtes ne pâturaient que sur les surfaces non utilisées par les cultures : terres pauvres, trop pentues pour être rentable, fonds de vallées trop encaissés...

Au cours du XIXe siècle le recours au pré-salé s’est développé. Ces pratiques ont perduré jusqu’au début des années 50 sur le marais, en rive droite de l’Urne. Aujourd’hui, seul un agriculteur maintient une activité de pâturage,sur une vingtaine hectares.

Vous pourrez découvrir ces relations entre l’homme et la baie à la "Briqueterie, mémoire de la Baie" (Bouteville – Langueux). Le musée est situé sur le site d’une ancienne briqueterie réhabilitée. Il présente des vidéos, jeux, scénographies, maquettes, objets et panneaux présentent les activités humaines tandis qu’à l’extérieur un circuit permet de découvrir les ateliers de la briqueterie.

En savoir plus sur la Briqueterie : www.cabri22.com/briqueterie

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